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Cette année, il n'y aura pas de cadeau.

Le 9 décembre 2015, 15:17 dans Humeurs 10

Je n'ai pas passé Noël en famille depuis 2012. Il y avait une part de choix personnel, et une part d'impératif financier. J'étais fatiguée, la longue et dernière année et demie d'étude venait de se conclure par l'envoi du mémoire. BAC +5, après plusieurs années dans une école privée. J'étais endettée. Je travaillais vidais les poubelles, passais le balai et nettoyais les tables chez McDo. Je me sentais mal, même très mal. J'avais même chopé la gastro. Et Habibi était là, à supporter mes cheveux crasseux et sentant l'huile de friture réchauffée, à me dire de tenir bon tant que rien d'autre ne se présentait. C'était la première fois qu'il était seul pour Noël. J'avais ma belle Aunisse depuis quelques mois à peine. On habitait à la campagne, dans un corps de ferme où je louais un studio. Il y avait un lac et sa surface gelée brillait.
J'avais envie de ses bras autour de moi, de sa tendresse inconditionnelle. Je voulais m'asseoir dans l'herbe, m'envelopper d'un plaid et surprendre les chevreuils qui s'aventuraient parfois dans la propriété à des heures matinales. J'avais envie d'observer ma petite boule de poils découvrir l'hiver et tout doucement hiberner. C'est peut-être dur quand on y pense mais je ne voulais pas rentrer. J'avais deux jours : le 25 et le 26. Et je les voulais pour moi, pour nous. 

2013 et 2014, que s'est-il passé ? J'ai changé d'emploi plusieurs fois. Dans l'hôtellerie en 2013, je travaillais. A la boutique en 2014, je travaillais.  Même si j'avais envie de rentrer dans le Nord, de m'asseoir à la grande table avec mes grand-parents, de déguster des fruits de mer et des toasts au foie gras (à l'époque, je ne faisais pas la difficile question alimentation), d'écouter Frank Sinatra. D'ouvrir les cadeaux et d'offrir les miens, voir les yeux pétiller et les larmes perler. Habibi était là avec le même amour, la même tendresse, un bon petit repas pour des réveillons où nous avons parlé de nos croyances, des contes de Noël que j'avais lus petite. Où nous avons écouté de la musique très tard le soir parce que je terminais mon service à la réception. Où nous avons regardé un film en nous endormant. Le bois craquait dans la cheminée. Mais en levant ma petite coupe de cidre, je ne pouvais combattre les petits pincements qui se formaient dans mon coeur en pensant à mes proches privés de ma présence. Parce qu'encore une fois, mon emploi du temps ne coincidait pas. Parce qu'encore une fois je n'avais pas d'argent même si je travaillais. Parce que je n'avais pas osé imposer mon envie de rentrer pour quelques jours et j'avais accepté de travailler.

Cette année, c'est différent.
Cette année, ils m'attendent.
Cette année, je rentre. 

Et cette année, il n'y aura pas de cadeau.

Cette année, j'ai mis un peu d'argent de côté. Et cet argent nous finance notre semaine à Sevilla. J'ai ce besoin de partir, de faire une coupure alors que l'hiver s'installe. Habibi et moi découvrirons une ville dans laquelle il nous tarde déjà d'être. Je n'ai jamais vu l'Andalousie. J'en ai certainement toujours rêvé. Cette année, c'est une semaine pour nous. Du Lundi au Lundi. 7 nuits sur place. 
Et puis il faudra se dire au revoir pour quelques jours. Je prendrai la route le coeur léger. Mes deux petits chats avec moi, nous roulerons et 3h30 plus tard, je serai "à la maison". Chez Papa et Maman. Avec des repas de famille. Chez nous, la famille est petite. Il y aura mes grand-parents, mon parrain, mon frère et sa copine, et mes parents. C'est notre petite famille, notre petit comité. Et il n'y aura pas de cadeau. 

Il y aura de l'amour, du partage, des rires, des conversations à n'en plus finir, de la taquinerie, des petites moqueries, quelques tensions certainement, des désaccords surement, de la gourmandise surtout. Tout ce qui fait que vous êtes en famille sera réuni autour de ces tables de Noël qu'on dressera avec le sourire, avec impatience. Je sens déjà comme je trépigne.  Je pense au petit Jésus que ma grand-mère attend d'amener dans la crèche. Après toutes ces années à épier ce moment, je ne sais toujours pas où elle cache le petit Jésus. Je ne sais toujours pas comment elle fait pour qu'à minuit, il soit sorti. Je pense aux bougies que j'allumerai et qui diffuseront des parfums épicées. Je pense au chocolat fondu dont Maman recouvrira le gâteau. Je pense déjà à ma tenue. Je veux être belle pour eux qui attendent depuis plusieurs années que Noël nous réunisse.

Il n'y aura pas de cadeau cette année. C'est un choix. Nous en avons parlé entre nous. Pas de cadeau mais tant d'autres choses. De ces choses pour lesquelles on n'a pas besoin de dépenser mais qu'on s'offre le coeur plein d'amour et de douceur. Nous n'avons besoin de rien. Simplement envie d'être ensemble. 

De l'Amour.

Le 8 décembre 2015, 07:39 dans Humeurs 7

Je ne connais de toi que la douceur de ta peau, que la tendresse dans ta voix, que la force de ton regard. Je te vois tel un ami, un amant. Un homme, dans toute sa force et sa faiblesse. Je ne sais de toi que ce que tu oses bien me dire. Il y a pourtant bien des choses que je devine. Parfois, le silence a du bon. Quand les mots franchissent tes lèvres et que tu me confies les aventures de ton passé, je vais de surprise en surprise. J'ai peur parfois de tes révèlations qui dessinent un être si différent de celui que j'ai face à moi. 

Qui étais-tu ? Qui es-tu réellement ? Je te découvre encore... Je lis en toi plus de démons que d'anges. Tu ne portes pourtant aucune amertume dans ton coeur. Comment fais-tu pour faire preuve d'autant de pardon ? Comment ton coeur peut-il déborder de tant de gentillesse alors que tu as tant été blessé ? Parfois tu n'oses rien révèler, tu n'oses rien dire. Tu renonces même à penser, à te projeter. Tu te refermes. C'est un peu ta façon d'oublier, tu tentes de nous protéger en te protégeant. Mais lorsque tu te fourvois, tu sais très bien que tu nous trompes. Tu romps la promesse de pouvoir tout se dire, même ce qui fait mal à entendre, même ce qui demande beaucoup d'amour pour pouvoir avancer ensemble.

J'ai surtout peur de ne pas savoir t'aimer. J'ai peur de te faire mal. Je ne te savais pas si fragile. J'ignorais tout de ces brèches encore ouvertes, de ces cicatrices mal pansées. Je pose alors ma main sur la tienne. Je caresse doucement ta joue. Je ne peux pas te faire de promesse. Mais je peux te dire que tu n'es plus seul. Que tu m'inspires, tous les jours. Que tu me portes vers le meilleur de moi-même. Et que je t'aime.

 

 

Cowspiracy - Quand les vaches révèlent une vérité qui dérange...

Le 7 décembre 2015, 10:26 dans TV Ciné 6

Bouleversé par les révélations d'Al Gore dans le film choc An Inconvenient Truth, Kip Andersen décide alors de modifier ses habitudes et devient écolo : meilleur tri des déchets, réduction du temps passé sous la douche, utilisation du vélo plutôt que de la voiture. Sa démarche va plus loin quand il décide d'approfondir ses connaissances sur les secteurs émettant le plus de gaz à effet de serre. Transports, pollution d'usines dans les pays en développement... tout y passe. Jusqu'à ce qu'il découvre que toutes ces raisons ne sont qu'en infime partie responsables de la mort lente de notre planète. Quelle est l'activité humaine qui a le plus d'impact sur l'environnement ? Tenez-vous bien... l'élevage ! [Pour consulter les chiffres, cliquez ici.]

Le danger de l'agrobusiness, les dégâts causés par l'élevage industriel.

Une fois le choc dissipé, réalisant comme ses petites actions sont insignifiantes, il se tourne vers les ONG qu'il a toujours soutenu : Greenpeace, Oceana, Amazon Watch. L'élevage bovin n'est pas seulement responsable de l'émission de gaz à effet de serre parce que les vaches et les boeufs explusent du methane dans leurs rots et leurs pets. L'élevage consomme beaucoup d'eau, beaucoup de terre et produit beaucoup de pollution (lisiers) qui viendra à son tour polluer lacs, rivières et océans, détruisant alors des espaces naturels de vie indispensable à la biodiversité. Que font ces ONG ? Elles se taisent. Lorsque Kip Andersen souhaite les rencontrer, les rendez-vous sont refusés (c'est le cas de Greenpeace). Lorsqu'il parvient à s'adresser à une personne en particulier, on sent que le discours a été préparé à l'avance et comme il est difficile pour ces ONG de reconnaître l'importance de l'élevage industriel dans la destruction de notre environnement. On nous perd dans des détails ne relevant pas de la question posée. Kip Andersen semble presqu'à chaque fois révélé quelque chose de secret. Comme une malédiction. On peut même observer des sourires discrets, un peu cyniques. Et parfois aussi de la peur dans le regard des gens. Parce que l'élevage industriel est soutenu par de grands lobbys qui n'hésiteront pas à... tuer pour défendre leur industrie. Ces ONG ne proposent pas d'opération pour trouver une solution à ce problème parce qu'elles ne peuvent reconnaître que c'est un problème. On se demande bien pourquoi ?

C'est alors que l'enquête prend une autre tournure. Puisque les réponses ne peuvent venir des ONG, Kip Andersen se tourne vers des chercheurs, des scientifiques, et/ou même des personnes ayant travaillé dans l'élevage industriel. Les interviews sont riches, de qualité. Les faits sont indéniables. Plus il avance dans son enquête et plus nous sommes amenés à réaliser à quel point le modèle de l'élevage industriel n'est pas durable. Parce que nous sommes de plus en plus sur Terre à consommer de la viande, il faut en produire plus. A chaque seconde qui passe, la surface d'un stade de foot au sein des forêts tropicales est convertie en une parcelle produisant des graines avec lesquelles on pourra nourrir les bovins. Ainsi des espèces faunique et florales disparaissent, ainsi de la nourriture est utilisée alors qu'elle pourrait sauver les populations mourrant de famines, ainsi la Terre est asséchée... les chiffres relaient une succession de catastrophes qui fait froid dans le dos. On apprend même que l'élevage en plein air est pire pour l'environnement car il revient à offrir plus d'espace aux animaux que s'ils étaient parqués dans des bâtiments et abbatus après avoir été gavés. Nous sommes choqués par les propos d'une petite fille élevant des cochons en plein air avec ses parents "Je ne devrais pas m'y attacher, parce qu'après tout, un cochon, c'est du bacon !" (ma traduction française). Ou alors par cet homme qui élève des canards et qui en tue un de sang froid devant la caméra. Nous réalisons à quel point nous sommes en train de payer le prix de la surconsommation. 

Un cheminement vers un changement radical de vie. 

Après avoir visionné ce film, j'ai lu diverses critiques. Réalisé aux Etats-Unis, on pourrait se questionner sur la justesse des chiffres dits mondiaux qui sont apportés. Bien sûr, la conclusion qui s'impose est la suivante : ne mangez plus de viande. Si vous voulez arrêter de polluer, boycottez-la ! Avant de déclarer que ce documentaire se transforme en manifeste pro-vegan, j'ai plutôt envie de dire qu'il nous ouvre sur les yeux. Il nous ouvre les yeux sur les divers aspects d'un troupeau de vaches dans un pré. Je vis en Normandie. J'en vois tous les jours. Je les observe pendant mes promenades, ces vaches qui ruminent et s'effraient dès que l'on s'approche de trop près. Je les trouve belles mais en même temps quelque chose me dérange. Il ne s'agit pas seulement de la viande mais du lait qu'on en tirera et qui n'aurait jamais été là si on n'avait pas forcé la vache à vêler.Comme l'exprime assez durement un médecin interviewé, le lait n'est rien d'autre que le liquide qui viendra nourrir un veau, qui lui apportera tout ce dont il a besoin pour grandir et se fortifier, et survivre... jusqu'à ce qu'il soit abbatu si c'est un boeuf, ou alors mis au velage si c'est une vache ! Devant tous ces éléments, est-ce que je veux encore manger de la viande ? Non, je n'en avais plus envie, mais là c'est un non clair, définitif et que je me verrai imposer à mes proches parce que là, j'en ai vraiment la nausée ! Est-ce que je veux encore manger du fromage, boire du lait de vache ? Et bien... non plus ! 

Kip Andersen révèle également le fonctionnement de ces ONGs qui ne peuvent dénoncer la raison principale de la destruction de notre environnement, tout simplement parce qu'elles ne souhaitent pas mécontenter leurs membres... qui les financent ! On n'ira pas dire aux gens de réduire leur consommation de viande et de produits laitiers parce que sinon, couic, plus d'argent. Et plus d'argent veut dire plus d'ONGs... Pourtant, plus de planète veut aussi dire plus personne de vivant, et donc plus d'ONG... un jour il va bien falloir choisir !

A l'heure de la COP21, j'avais souhaité visionner ce documentaire. Je serais intéressée de savoir si les hauts dirigeants de notre monde ont débattu sur cet aspect dévastateur de l'élevage industriel. Réalisé en 2014 aux Etats-Unis, il apporte des réponses. De vraies réponses. Sans remettre en cause les actions mises en place par chacun pour réduire notre empreinte carbone, il permet de mieux saisir la réalité de la situation. Et son urgence. Qu'on décide alors de devenir vegan après l'avoir visionné, c'est la question à se poser si on souhaite concourrir à faire la différence. Il ne m'en fallait pas plus pour me convaincre personnellement dans ce choix. 

Je vous laisse avec la bande-annonce.

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